26 janv. 2008

Oui, vraiment.

Oui, vraiment. Ce fût une belle et bonne journée. Le soleil est sorti de son angoisse, de sa déprime (un peu comme moi, il me semble... Serait-il possible que j'associe à mes émotions, celles inventées du soleil?). Je n'ai pas pensé à elle une seule seconde. Sauf maintenant, j'en conviens... Mais laissons cela de côté!

J'ai, aujourd'hui, trouvé une motivation des plus grandes pour continuer à vivre. Quel délice d'être capable de penser au futur, sans s'embourber dans le passé! Quelle merveille! Que de génie de ma part, de pouvoir pondre ce stratagème, destiné à déjouer mes remords, mon spleen! Ah! Oui, j'en conviens encore, "spleen" est un mot qui contient beaucoup trop d'histoire, un mot imbu de lui-même, certes, il faut en user avec précaution. Et j'en userai, ne vous inquiétez pas. Mais pour l'instant, au diable les précautions, je vis enfin, je jubile, je vole, je plane! Jamais, je ne veux redescendre! Pour rien au monde, même pas...

Même pas pour elle... elle... qui s'éloigne de moi...à chaque seconde qui passe... de plus en plus loin...de moi...de mon coeur vide, dur, imperméable... de mon idiotie, de ma bêtise...

aaah...

25 janv. 2008

À cause d'elle

Je ne l'ai pas vue depuis l'accident. 4 mois, 2 semaines et 6 jours, si mon calcul est bon. Aucun moyen de la rejoindre, de savoir si elle va bien, de la voir, seulement... J'essaie de ne pas y penser, de ne pas l'apercevoir dans les yeux de tous ces gens qui me parlent, me jugent, dans mon regard absent qui m'observe de l'autre côté du miroir. Je ne sais plus où regarder, où poser mon regard.
Bien sûr... J'arrive à l'oublier, parfois. À cesser de lui en vouloir pour toute cette douleur dans laquelle je suis obligé de tremper. À cause d'elle.

Je ne t'en veux pas.

23 janv. 2008

Hors-service

J'ai un jour rêvé de conduire un autobus hors-service. Voir la tête de ces gens qui attendent depuis des heures, frigorifiés par le climat montréalais, les yeux emplis d'espoir et de soulagement à l'idée de pénétrer enfin la chaleur douteuse de mon monstre sur roues. Puis la désillusion douloureuse de voir ces deux mots

"HORS-SERVICE"

en lettres vulgairement brillantes, et le "bonne journée!" qui vient naturellement après une si mauvaise nouvelle... Les yeux déçus qui suivent de gauche à droite (ou de droite à gauche, selon votre position ), et les râles d'un autre espoir trahi, encore et encore, comme une goutte d'eau sur le sundae, comme si la vie n'était pas assez dure comme ça, "mais qu'est-ce que j'ai fait, bon dieu de merde, pour mériter ça". "Christ, je vais en retard, tabarnak, le boss va encore m'engueuler", de la poésie à mes oreilles, et puis, pourquoi pas, un peu de gadoue, de slush bien québécoise pour terminer en beauté, sur son pantalon marine de chez Dubuc, un peu d'eau sale qui coule le long de sa cuisse immaculée...

J'ose me délecter en pensant aux affres que subira l'heureux conducteur du prochain autobus, en espérant que celui-ci s'arrêtera. Suivront les plaintes à la société de transport, les débats de cafétéria effrénés sur l'état de notre système public d'autobus, et peut-être même sur le prix du pétrole, ou même les syndiqués paresseux qui, mon dieu! ne portent pas d'uniforme... Le contrepoint accidentel de ces nombreuses voix de travailleurs fatigués n'aura jamais été aussi mélodieux, aussi doux, aussi...aussi...

Quoi de plus beau qu'un homme en colère?
Une femme, me direz-vous...

22 janv. 2008

Ce n'est pas parce que

Ce n'est pas parce que je dois dormir que je dors.

20 janv. 2008

Moi, Boris.

Je me suis regardé une heure complète dans le miroir aujourd'hui. En pensant à elle. Non, j'ai menti, je n'ai pensé qu'à moi. Durant une heure complète. Y a-t-il du mal à se regarder dans le miroir, si longtemps? Ma mère m'aurait réprimandé, bien entendu, mais elle n'y était pas.

Ce regard m'obsède. Qu'on arrive à le trouver séduisant, cela me fera toujours sourciller. Ces jolies femmes qui en tombent à genoux semblent y voir un je-ne-sais-quoi, un éclat que je n'ai moi-même jamais réussi à décoder.

Mes dents sont brossées, il est l'heure d'aller au lit.